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Choisir un logiciel de pseudonymisation quand on est avocat (2026)

Il n'y a pas un meilleur outil unique. Les outils que les avocats utilisent pour pseudonymiser un dossier avant une IA générative relèvent de trois architectures : les logiciels installés sur le poste, les extensions de navigateur, et les plateformes en ligne. Le bon choix dépend d'abord de l'endroit où vous acceptez que le document d'origine soit traité, puis des formats, de la cohérence sur un dossier et des preuves de précision. Voici ce qu'implique chaque architecture, et les questions à poser à tout éditeur.

Transparence : cette page est publiée par Hexagone AI, une application de bureau, donc de la première famille. Nous décrivons des architectures, pas les produits des autres éditeurs : vérifiez dans la documentation à jour de chaque éditeur comment fonctionne son outil.

Trois architectures, côte à côte

Au sein de chaque famille, les produits diffèrent. Servez-vous-en comme d'une carte, puis vérifiez le détail auprès de l'éditeur.

Logiciel installé sur le poste

La détection tourne sur l'ordinateur de l'avocat. Le document d'origine ne quitte pas le cabinet ; il faut installer et mettre à jour un logiciel.

Extension de navigateur

L'extension se place entre vous et l'interface web de l'IA. Selon les produits, la détection tourne dans le navigateur ou sur les serveurs de l'éditeur : c'est la question à poser.

Plateforme en ligne

Le document est envoyé sur les serveurs de l'éditeur, souvent en France ou dans l'UE, pour être pseudonymisé. Rien à installer ; il faut encadrer la sous-traitance par contrat.

QuestionLogiciel installé sur le posteExtension de navigateurPlateforme en ligne
Le document d'origine quitte-t-il le cabinet ?NonSelon le produitOui, vers l'éditeur
Où est la table de correspondance ?Sur le posteSouvent dans le navigateurSur le serveur ou renvoyée à l'avocat, selon le produit
Contrat de sous-traitance (art. 28 RGPD) ?Pas pour la pseudonymisation elle-mêmeOui si la détection est faite sur un serveurOui
InstallationUn logiciel à installer et mettre à jourUne extensionAucune
Usage typiqueDossiers entiers, fichiers lourds, tout outil d'IATexte et pièces envoyés dans l'interface web de l'IADocuments téléversés un par un ou par lots
Comment choisir

Sept questions à poser à tout éditeur

  1. Où le document d'origine est-il traité ?

    Sur votre poste, dans votre navigateur, ou sur le serveur de l'éditeur. Le guide du CNB (2026) cite comme seules manières d'éliminer les risques de souveraineté « l'anonymisation ou la pseudonymisation préalable des données » ou l'installation du modèle sur les systèmes du cabinet ; le Livre blanc du Barreau de Paris mentionne « un outil déployé localement, sans transmission externe des données à des serveurs tiers ». Si l'outil est en ligne, la pseudonymisation elle-même est une sous-traitance à encadrer.

  2. Où vit la table de correspondance ?

    C'est la clé qui permet de réidentifier. Le RGPD exige qu'elle soit conservée séparément et protégée (article 4, 5°). Sur le poste de l'avocat, elle n'existe qu'au cabinet ; côté serveur, elle dépend de la sécurité de l'éditeur.

  3. Formats et documents scannés

    Un dossier contentieux, ce sont des PDF scannés, des tableaux Excel, des courriels. Un outil limité au texte collé ne couvre qu'une partie du travail.

  4. Cohérence sur tout le dossier

    Si « Martin » devient « Personne A » dans une pièce et « Personne C » dans la suivante, l'IA ne peut plus raisonner sur le dossier. Vérifiez que le même pseudonyme est conservé d'un document à l'autre.

  5. Réversibilité de la réponse

    La note produite par l'IA doit retrouver les vrais noms pour servir. Selon les outils, c'est automatique, en un clic, ou manuel.

  6. Une précision mesurée, sur un jeu nommé

    Le CNB rappelle le risque d'identification indirecte par croisement de données. Un taux de détection ne veut rien dire sans le jeu de test sur lequel il a été mesuré ; un corpus public permet de le vérifier. Testez aussi l'outil sur un vrai dossier clos.

  7. Prix et modèle de facturation

    Par utilisateur, par page, par mot ou par office : le coût réel dépend de votre volume. Un abonnement par utilisateur est prévisible ; un prix à la page peut être plus bas pour un usage occasionnel.

Sources : CNB, « La déontologie et l'intelligence artificielle » (2026), Barreau de Paris, Livre blanc sur l'IA (2025).

Quand un outil local n'est pas le meilleur choix

  • Vous ne pouvez ou ne voulez rien installer sur le poste : une extension ou une plateforme en ligne sera plus simple à déployer.
  • Vous travaillez uniquement dans l'interface web de ChatGPT ou Claude : une extension de navigateur suit ce flux de plus près.
  • Votre poste est ancien ou peu puissant : un logiciel local a besoin de mémoire et de processeur. Hexagone AI, par exemple, ne prend en charge que les Mac Apple Silicon (M1 ou plus récent) et Windows 10/11 64 bits.
  • Vous traitez quelques pages par mois : une offre gratuite ou facturée à la page peut revenir moins cher qu'un abonnement par utilisateur.

Les taux de précision publiés par les différents éditeurs sont mesurés sur des jeux de test différents et ne se classent pas entre eux. Les nôtres sont sur la page Recherche, chacun avec son jeu de données et sa méthode.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur logiciel de pseudonymisation pour un avocat ?
Il n'y en a pas un seul : le bon choix dépend d'abord de l'endroit où vous acceptez que le document d'origine soit traité. Si rien ne doit quitter le cabinet, regardez les logiciels installés sur le poste. Si vous travaillez uniquement dans l'interface web de l'IA, une extension de navigateur, en vérifiant où se fait la détection. Si vous acceptez une sous-traitance hébergée en France ou dans l'UE, une plateforme en ligne. Testez ensuite deux outils sur un même dossier clos.
Un outil local est-il plus sûr qu'un outil cloud hébergé en France ?
Il retire une étape : avec un outil local, le document d'origine et la table de correspondance ne sont transmis à personne, il n'y a donc pas de sous-traitant à évaluer pour la pseudonymisation. Un outil cloud hébergé en France peut être parfaitement sérieux, mais sa sécurité repose sur le contrat, la localisation réelle des traitements et la rétention annoncée, que le guide du CNB invite à vérifier.
Peut-on comparer les taux de détection annoncés par les éditeurs ?
Pas directement. Chaque éditeur qui publie un chiffre le mesure sur son propre jeu de test, avec ses propres règles (certains ne masquent pas les dates, par exemple). Un chiffre n'a de valeur que si le jeu de test est nommé, et idéalement public. Le test le plus parlant reste de passer le même dossier clos dans deux outils et de relire.
Les données pseudonymisées sont-elles encore des données personnelles ?
Oui pour le cabinet, qui détient la table de correspondance : le RGPD continue de s'appliquer. La CJUE a jugé en septembre 2025 (affaire C-413/23 P) que, pour un destinataire qui n'a aucun moyen de réidentifier, des données pseudonymisées peuvent ne pas être personnelles. La pseudonymisation reste surtout une mesure de sécurité citée par les articles 25 et 32 du RGPD.
Faut-il un contrat de sous-traitance avec l'outil de pseudonymisation ?
Si l'outil reçoit vos documents sur ses serveurs, oui : l'éditeur traite des données personnelles pour votre compte (article 28 du RGPD). Si le logiciel tourne entièrement sur votre poste et ne transmet aucun document, comme l'application de bureau d'Hexagone AI, il n'y a pas de transfert à encadrer pour la pseudonymisation elle-même.
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